Plusieurs chaînes de télévision locales libyennes ont récemment diffusé des photos et des vidéos de combattants de l'Etat islamique (EIIL) arrêtés ou abattus lors des combats avec l'armée libyenne à Benghazi. Selon des informations, ces terroristes seraient originaires de Syrie, d'Algérie, de Tunisie et d'Egypte.

 

   Un combattant algérien de Daesh appelé Abu Younis Djilali Mansour a été abattu le mois dernier dans le quartier d'al-Hawari à Benghazi, ont indiqué les autorités. Sa mort avait été annoncée le 15 décembre par le Libya Herald.   Deux jours plus tard, le porte-parole de la Chambre des représentants de Libye avait déclaré sur al-Arabiya que vingt pour cent des combattants des groupes terroristes locaux étaient des étrangers.

  Le Centre médical de Benghazi a déjà remis à l'armée libyenne un rapport officiel contenant quarante passeports de combattants d'Ansar al-Sharia de diverses nationalités arabes tués lors des combats.

   "Il a été dit que des groupes et des éléments non libyens combattent aux côtés des groupes extrémistes en Libye, et que les forces armées conduites par le général Haftar ont déjà arrêté et abattu certains d'entre eux", a expliqué Mahmoud Abdelmoula, journaliste de 43 ans. "C'est un fait connu que les groupes extrémistes participent aux combats dans plusieurs pays, dans la mesure où il s'agit de groupes transfrontaliers entretenant des liens avec des Libyens ayant combattu en Afghanistan, en Irak, au Mali et en Syrie, ce qui nous incite à corroborer ces informations", a-t-il poursuivi.

   "Toutes les indications, y compris leur manière de combattre et leur participation à divers conflits, confirment qu'ils servent dans les rangs de groupes extrémistes transfrontaliers. Ils se chargent même de la planification et de la direction des combats."  Il a par ailleurs souligné que les leaders d'Ansar al-Sharia et du Conseil de la Shura des révolutionnaires de Benghazi avaient "accusé l'Etat, l'armée, la police et la justice de kufr, et déclaré que la démocratie et les élections relevaient également du kufr et devaient être éliminées".

   "L'EIIL et al-Qaida sont regroupés sous le nom d'Ansar al-Sharia, et ces deux groupes ne croient ni en l'Etat national ni au nationalisme, et n'ont de ce fait aucun scrupule à demander l'aide d'étrangers", explique al-Sadek Ben Ali, employé de 42 ans.

   "Oui, ce sont des combattants étrangers, pour la plupart venus de Tunisie, comme le montre la vidéo de l'attaque contre le camp des forces d'opérations spéciales. Quant à la manière dont ils entrent dans le pays, ils bénéficient de l'aide de réseaux de trafics d'êtres humaines au sud de Jaghbub et dans les aéroports de Misrata et Mitiga", ajoute-t-il.  Il poursuit en expliquant que "le colonel al-Daghari, pilote d'un hélicoptère de la police, a été assassiné parce qu'il avait remis un rapport détaillé, avec des photos, montrant les points de passage de ces mercenaires".

   "La Libye est un pays de transit pour l'entraînement et l'armement des extrémistes venus d'Afrique du Nord, d'Europe du Sud, d'Afrique et d'Asie", explique Nasser Belhassen, journaliste de 38 ans.l poursuit en mettant en garde contre les jihadistes qui rentrent des champs de bataille au Levant : "Au départ, ils avaient été envoyés en Syrie et en Irak en transitant par la Turquie, mais aujourd'hui, nous constatons une migration inverse en direction de la Libye, pour y combattre l'armée qui a commencé à resserrer l'étau sur eux."

   "Les camps d'entraînement les plus connus sont situés dans la région de Nawfaliya, près de Syrte, ainsi qu'à Sabratha et Derna", ajoute-t-il. "Il ne s'agit pas de renseignements secrets, mais d'informations confirmées transmises par les médias occidentaux, arabes et locaux."

Nadia Radwan à Benghazi pour Magharebia