L'augmentation du nombre de groupes criminels impliqués dans le trafic d'êtres humains signifie que les pays du Maghreb ne peuvent pas gérer seuls la question "extrêmement complexe" de la migration, a averti le Maroc.

   L'Afrique et l'Europe doivent travailler conjointement à la résolution de cette crise, a déclaré Youssef Amrani, ministre délégué aux Affaires étrangères,

   "La migration est une question de responsabilité partagée par excellence et nécessite, ainsi, des réponses concertées entre toutes les parties concernées", a-t-il expliqué.

   Au Maroc, le nombre des immigrés subsahariens irréguliers est estimé entre 10 000 et 15 000, selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur.

   Le phénomène est en nette évolution en raison de la prolifération des réseaux criminels qui s'occupent du voyage de ces migrants irréguliers de leur pays d'origine jusqu'au Maroc, d’après le ministre de l’Intérieur Mohand Laenser.

   Au cours de la dernière décennie, les autorités marocaines ont pu sauver près de 24 000 migrants irréguliers de ces réseaux, et rapatrier volontairement 12 000 personnes.

   Bruno Pouezat, coordonnateur résident du système des Nations-unies au Maroc, a également souligné la nécessité de la coopération régionale pour faire face aux défis de la migration illégale et de la sécurité.

   Il a appelé à instaurer "un partenariat inclusif intergouvernemental et non-gouvernemental permettant de faire face aux défis imposés par cette période de mobilité humaine sans précédent que vit le monde d'aujourd'hui".

   Ce phénomène "a eu pour conséquence le fait que plusieurs pays du monde sont devenus à la fois des pays d'origine, de transit et de destination des flux migratoires".

   Jusque là, le partenariat régional en matière de questions migratoires n’est pas encore à la hauteur des aspirations, explique le politologue Ismail Hamri.

   "II est important de mettre en place une approche non seulement sécuritaire mais aussi juridique et humanitaire", indique-t-il. "Cette stratégie devra être élaborée par les pays du Maghreb en partenariat avec les pays de la rive Nord de la Méditerranée".  

   "La migration pose avec acuité le problème de la sécurité", ajoute Hamri. "Les réseaux de trafic humain sont en étroite corrélation avec les réseaux terroristes et tous les trafics du crime transnational".

   "Les différends politiques doivent être relégués au second plan pour traiter ce dossier qui doit être érigé en priorité pour tous les pays du Maghreb", conclut-il.

Par Siham Ali à Rabat pour Magharebia