Dans le désert Danakil en Ethiopie -- une des zones les plus chaudes de la planète -- la sécheresse a de nouveau frappée  et crée des fortes tensions entre les agro-pastoralistes du peuple Afar (ex-Danakil) et les paysans sédentaires principalement de l'éthnie Amhar, venues des terres hautes. L'eau de la  rivière Awash devient de plus en plus uitilisée pour la production à grande échelle de la canne à sucre. 

   La guerre de l'eau a débuté dans l'Afar National Regional State (ANRS). Soixante-dix personnes ont été arrêtées par la police fédérale le 29 janvier et emprisonnées à Dubti après que des pasteurs ont tenté d'amener leur bétail s'abreuver à un réservoir d'eau sur la rivière Awash. La colère grondait depuis le 5 janvier à la suite de la fermeture du barrage d’irrigation de Tendaho sur la rivière Awash, et ce en prévision d’une baisse du niveau d'eau dans les deux mois à venir.

   Cette décision avait été prise par le directeur général de la Tendaho Sugar Factory, qui cultive le long de la rivière une plantation de 25 000 hectares de canne à sucre dont la surface sera doublée au cours des prochaines années. Du coup, les communautés agropastorales sédentarisées en aval de la rivière Awash dans les woreda (sous-préfectures) de Dubti, d’Aysayta et d’Afambo furent privées d’eau.

   Elles se sont plaintes auprès du gouvernement régional dont le président, Seyum Awal, s’est rendu sur place mais le problème n’a pas trouvé une solution du fait que le DG, placé sous l’autorité du gouvernement fédéral, a refusé toute discussion. Addis-Abeba a été saisi et avait convenu mi-janvier l’ouverture du barrage trois jours par semaine. Cette décision difficilement respectable en période de sécheresse n'a fait qu'attiser les tensions. 

AFRICA INTELLIGENCE