Le 16ème sommet de la Francophonie aura lieu les 24 et 25 novembre à Antananarivo, Madagascar. Les Sommets de la francophonie sont des rencontres des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie. 

   Le mouvement citoyen Wake Up Madagascar a tenu à faire connaître la réalité du quotidien des malgaches. Le mouvement a organisé un “sit-in” sur une place de la capitale pour interpeller les dirigeants qui vont assister au Sommet et décrit l'objectif de cette manifestation dans une lettre ouverte à la Secrétaire Générale de la Francophonie:


Madame La Secrétaire Générale,
"Nous, citoyens malgaches, sommes honorés d’être les hôtes du 16e Sommet de la Francophonie, bien que l’organisation de l’événement et les mesures prises pour son déroulement sont loin d’avoir acquis l’adhésion de tous. Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre humble pays.
Malheureusement, ce Sommet qui se veut fédérateur écarte l’âme même de Madagascar qu’est sa population. Les mesures prises au nom du confort et de la sécurité des prestigieux invités ne servent qu’à cacher la réalité du Malgache de 2016 et pour certains d’entre nous, alourdissent la précarité quotidienne durant la semaine consacrée à la Francophonie.
Par ailleurs, un budget faramineux a été mis à disposition de l’Etat pour l’organisation de l’événement. Cependant, les dépenses occasionnées dans la préparation du Sommet restent opaques et les détails, jalousement gardés par l’Administration. Malgré les incessantes demandes de la société civile et de simples citoyens, le budget y affecté et ses sources sont volontairement laissés flous, laissant planer des doutes et des inquiétudes légitimes."
La lettre ajoute:

"Dans le quotidien malgache, nos citoyens meurent chaque jour dans des cambriolages, dans des attaques à main armée, dans des attaques de dahalo. L’Etat, qui se plie en quatre pour recevoir le sommet francophone, n’agit pas pour les administrés.
Nous nous sentons exclus de notre propre vie, de notre propre ville, de notre propre pays. Et c’est injuste !
Quelle est notre réalité, en 2016 :
- 92% des malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un chiffre terrible qui s”illustre par la difficulté du Malgache lambda à trouver quotidiennement son besoin le plus basique : la nourriture.
- 1.400.000 personnes sont en état d'insécurité alimentaire dans le Sud, dont 840.000 personnes au plus haut niveau d'insécurité alimentaire
- Une insécurité galopante en milieu urbain et en milieu rural
- 7 personnes sur 10 n'ont pas accès à l'eau potable- Les coupures d'eau et d’électricité sont quotidiennes sur tout le territoire, pour ceux qui y ont accès."

Ketakandriana Rafitoson, porte-parole du collectif, explique à RFI le pourquoi le sit-in et les messages portés par les participants:

Et quand il y a un sommet où il s’agit d’inviter des étrangers, l’Etat se plie en quatre pour les accueillir. Mais nous, alors qu’on demande des services publics de base, -par exemple des problèmes d’électricité, de délestage qu’on a au quotidien, l’eau boueuse, les routes qui ne sont pas réparées-, personne ne nous écoute.(La teneur des messages?) : « Je suis les milliers de sans-abris », « Je suis celui qui n’a pas de travail », « Je suis les 1 400 000 Malgaches qui souffrent d’insécurité alimentaire dans le sud ». Les dirigeants veulent jeter de la poudre aux yeux à la communauté internationale tandis que le peuple se meurt.

Aucun chiffre officiel n’a été communiqué non plus sur le coût des dépenses relevées à ce jour. Cette opacité fait partie des réalités malgaches que le mouvement souhaite faire savoir aux  visiteurs de la Francophonie.

 
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