Anciennes fermes en ruine, bories, puits, mares, étables, granges,autant de ruines qui montrent la présence de l'homme et sa désertion des cultures.   La Forêt ne recule pas dans toutes les régions: elle suit le mouvement.   

   Des ruines partout en forêts. La campagne était autrefois beaucoup plus habitée qu'elle ne l'est aujourd'hui.

   C'est avec l'ère industrielle qu'elle a commencée à se dépeupler mais aussi parce que les paysans ont apportés un lourd tribu aux guerres, ce que l'on appelle maintenant les dégâts collatéraux pour éviter de nommer les personnes qui ont laissées leur vie pour la nation.  Dans de nombreuses régions les familles étaient si nombreuses que la terre ne pouvait nourrir tout le monde entraînant une émigration vers les grandes villes, l'Amérique Latine et celle du Nord.

   Et, quand on abandonne la terre, la nature reprend ses droits.  La forêt envahie, en quelques années, ces terres abandonnées qui constituent un terreau remarquable pour l'implantation naturelle des essences de bois feuillus. Graines apportées autant par les oiseaux que par le vent.

   C'est ainsi que naissent la plus-part des bois-taillis dévorants les maisons, les étables, les cours, bouchant les puits et les marres qui retombent à l'état sauvage dès l'instant où on ne les entretient plus.

   Ces ruines sont plus nombreuses que vous ne pouvez l'imaginer.  Ne vous arrêtez pas à leur existence ou leur absence au cadastre.  Vous devez consacrer une bonne partie de votre temps, après votre achat, à rechercher toute trace d'existence dans vos bois.

   Un jour, dans un bois que je traversais pendant une randonnée, je suis tombé dans un puits que je n'avais pas vu car complètement caché par la végétation. Une ancienne ferme partiellement en ruine se tenait à proximité.  Je n'étais pas chez moi donc je n'ai pu entreprendre aucune recherche.

   Parcourez vos bois ou votre forêt pour découvrir ce que les anciens propriétaires n'ont peut-être pas vus et, ceux qui les ont habités ont pus laisser.  Quelque soit leur état elles sont comptées pour zéro même si celui qui vous fait visiter vous en parle avec un clin d'oeil.

   C'est un plus vous dit-il.  En quoi peuvent-elles être considérées comme un plus ? Elles ne font pas l'ombre d'une réhabilitation !

   D'ailleurs, vous avez sans doute remarqué que l'on emploi le pluriel pour les désigner histoire de bien montrer qu'il s'agit d'un tas de pierres.  Vous devez avoir un autre regard et dans votre tête les imaginer : murs redressés, charpente et toiture installées.

   Inscrites au cadastre ou pas ne doit pas être votre problème.

   Faites des pieds et des mains pour trouver la bonne formule qui vous permettra de les réhabiliter : refuge de montagne, gite d'étape et si rien n'y fait, abri pour les animaux largement ouvert mais avec murs dûment maçonnés, charpente réalisée avec le matériaux de votre bois, couverture en tavaillons ou lose.  Tout étant réalisé dans le respect des coutumes locales et du patrimoine.

   Quelles sortes de ruines pouvez-vous trouver ?  Fermes, étables, hangars, porcheries, abris pour animaux, puits.

 

Bruno MINIER